L’accueil de ruches sur nos fermes : un pari gagnant !

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Une prairie sauvage transformée en rucher

Une nouvelle fois, la protection de la biodiversité est enclenchée en terres bretonnes. En ce 22 Mars ensoleillé, Jean-Michel Mener, président de l’association et David, son associé et aussi membre de l’association, attendent avec impatience la venue de Maud Jaouen et Roland Auffret du GAEC « Miel de Bretons, GAST ! », apiculteurs-récoltants depuis cinq ans. L’objectif du jour : installer quelques 24 ruches sur une parcelle de leur exploitation, une prairie naturelle préservée et bien exposée. Les ruches sont positionnées deux par deux, pour faciliter l’accès de l’apiculteur et éviter de gêner la sortie des abeilles.

« C’est parfait ici, c’est exactement ce que les abeilles apprécient. L’endroit est très préservé, avec des roches au milieu des champs, des ajoncs, et exposé sud-sud-est. Elles vont être bien dans cette prairie ! » explique Maud. En effet, la prairie et le talus qui la borde sont pleins de ressources pour les petites butineuses. La nature est intacte et sauvage, ce qui est idéal pour leur développement. Il s’agit là d’un critère de taille pour Maud et Roland pour choisir l’emplacement de leurs ruchers.

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Un bon miel artisanal, ça se mérite !

Des ruches, le couple en compte pas moins de 300. Cela représente environ 15 millions d’abeilles domestiques, réparties sur plusieurs périmètres entre Saint-Brieuc et Corlay (Côtes-d’Armor). Maud et Roland proposent ainsi les miels issus de leur exploitation et mis en pot avec amour dans leur miellerie située à Corlay, en contrebas du château. L’extraction de leur miel se fait à froid pour conserver toutes ses qualités, puis il cristallise naturellement avec le temps ce qui lui confère une multitude de textures différentes. Encore un peu de patience avant de déguster celui issu de la prairie de Jean-Michel et David : on ne récoltera le délicieux nectar que sur les dernières semaines de l’été, marquant également la fin de la saison pour les butineuses.

Alors après l’été, quel programme pour les abeilles ? Déjà, du repos bien mérité, car les abeilles ne chôment pas ! Par exemple pour 450 grammes de miel, elles parcourent en moyenne 80,000 kilomètres, travaillent ardument pendant 8,000 heures et visitent environ 2 millions de fleurs. Rien que ça. Pour couronner le tout, les abeilles s’improvisent aussi exploratrices. Dès leur première sortie, elles commencent par cartographier le lieu en effectuant des cercles de plus en plus grands autour du rucher, et ce jusqu’à 3 kilomètres environ. Cette zone repérée sera désormais leur périmètre cible pour collecter le nectar.

Des synergies intelligentes où tout le monde trouve son compte

« Nous sommes vraiment ravis d’avoir rencontré Jean-Michel. C’est génial de voir un tel élan pour faire évoluer les mentalités, se documenter sur la nature, s’impliquer et échanger avec les autres agriculteurs et même avec nous, apiculteurs. » se réjouit Maud. Elle poursuit, « C’est un échange de bons procédés, aussi bien pour nous que pour l’agriculteur. Nous travaillons intelligemment ensemble et dans le même état d’esprit. C’est une belle énergie ! »

En effet, comme tous les agriculteurs volontaires pour l’accueil de ruches, Jean-Michel et David trouvent aussi leur intérêt dans cette démarche. Ils produiront du colza bio quelques mètres derrière la prairie, qui sera pollinisé par les abeilles de Maud et Roland. Il faut savoir que ces dernières contribuent à hauteur de 30% à la pollinisation de plantes comme le colza ! On estime que près de 90% des plantes de notre planète ont besoin d’insectes pour réussir leur pollinisation, ce qui comprend, bien sûr, les surfaces agricoles. Sans parler du paradis offert à nos amies butineuses : un champ de colza, des talus et une prairie toute entière, rien que pour elles ! En plus, Maud explique que le colza est un réel « boost pour les abeilles ». Que demander de plus.

Désormais, ce sont Jean-Philippe et Jacques, également membres de l’association, qui attendent avec impatience l’arrivée des petites pollinisatrices. De belles synergies prennent déjà forme, et en plus, dans l’intérêt de tous.

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